[Summer Backpacking – Asie du Sud-Est] #5 Tad Lo et le Plateau des Bolavens, Laos

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Hi !

A l’heure où j’écris ces lignes, le American Husband et moi-même sommes en stand-by, sur le point de nous envoler pour un voyage de noces bien mérité en Jordanie. Aussi après avoir réglé les formalités d’usages d’avant vacances (genre : « Oh mon Dieu il faut que j’envoie ma déclaration d’impôt ! Oh mon Dieu il faut que je fasse faire mon permis de conduire ! »), il me reste quelques heures à tuer avant de me diriger vers l’aéroport de Bruxelles-Zaventem. Donc sans transition, l’épisode suivant de mon séjour estival en Asie du Sud-Est, avec aujourd’hui le récit de nos trois jours sur le Plateau des Bolavens, dans le Sud du Laos.

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30 Août 2017 – Tad Lo, Plateau des Bolavens, Laos

Le Plateau des Bolavens témoigne d’une façon singulière de la diversité du Laos, dont les multiples facettes se dévoilent à la manière d’une claque (souvent visuelle) dans les dents. Notre première journée sur le plateau fut placé sous le signe de la nature, avec les visites des chutes de Tad Fane (où j’eu la chance immense de me faire dégager façon Trump à l’OTAN par une bande de touristes Thai en délire) et Tad Champee. Ce fut aussi l’occasion de tester le café des Bolavens, cœur économique de la région. En effet le plateau constitue le centre alimentaire du Laos, vue l’activité agricole soutenue, faisant tout le charme de la région. La soirée fut quant à elle plus calme, entrecoupée de repas médiocres et karaokés endiablés.

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La deuxième journée fut – selon moi  (et en l’occurrence c’est toujours selon moi vu que c’est moi qui écrit ce journalJ’dis des trucs super intéressants des fois…) – la plus riche culturellement parlant, lorsque nous sommes partis à la rencontre d’abord de l’économie locale au travers de l’exploitation du café ! Après un réveil ensoleillé, nous nous sommes d’abord rendus à la Jhai Coffee House à Paksong, soit une coopérative permettant à 22 familles de vivre du commerce de ta tasse du matin ! Le maitre des lieux parlait également français !

Le deuxième stop de la journée s’effectua ensuite dans un village animiste d’éthnie Katu dans lequel nous avons passé la journée. Après avoir partagé un petit café (encore !) et déjeuner, nous avons participé à une visite du village, et voici une liste non-exhaustive de ce que j’ai retenu.

Tout le monde fume des pipes à eau de la taille d’un gratte-ciel, et ce depuis la plus tendre enfance (preuve en image ci-dessous). D’abord à cause d’une légende impliquant un géant et un sacrifice humain, mais maintenant parce que ça éloigne les moustiques (habile !).

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La culture du café, pilier de l’économie locale, est intrinsèquement liée à l’histoire coloniale de la France (et de l’Europe en général) , ayant rapporté les premiers plants de la Réunion. Il s’agit là d’une vérité générale pour tous les pays exploitants, du Brésil à l’Ethiopie, en passant par l’Asie du Sud-Est.

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La plante…

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… La tasse !

Le Laos est un melting pot culturel indéchiffrable. Une simple province – comme celle de Champassak) peut contenir une quarantaine d’éthnies différentes, toutes se déclarant de traditions et dialectes différents. Le village Katu pratique par exemple une religion animiste d’origine hindu, alors que même pas 10km plus loin, le propriétaire de noitree guesthouse vient d’un village de confession bouddhiste. Par conséquent, ces trois jours sur le plateau m’ont donné envie de me replonger dans l’histoire coloniale de la France, sur laquelle il subsiste encore quelques zones d’ombres dans mon esprit.

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Enfin, notre dernière journée sur le plateau m’a aidé à apprendre à baisser la garde vis-à-vis des locaux. En effet, mon expérience de vol de sac en Amérique Latine m’avait bien braqué (être beaucoup plus relax m’a d’ailleurs bien aidé lors de mon voyage récent en Jordanie). Aussi, étant à la recherche d’une cascade où nous baigner, nous nous perdîmes et demandâmes (notez l’utilisation subtile du passé simple !) notre chemin dans un village local. Les gamins du coin décidèrent donc de nous servir de guides, et nous nous retrouvâmes dans un spot secret et parfait sous la cascade, que nous n’aurions jamais trouvé par nous-même.

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[Chroniques belges #4] Une journée à Bruges

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Il y a quelques mois (je sais j’ai vachement de retard), le American Husband, ma Blonde chérie et moi-même avons profité d’une journée de congé liée à chais-plus-trop-quoi pour prendre la route en direction de Bruges – ou Brugge pour les néerlandophones. C’était dans le contexte du weekend de mon anniversaire, ça a sûrement pesé dans la balance. Bruges était une ville que je voulais voir depuis notre arrivée en Belgique en Avril 2017, mais surtout après avoir vu Bons Baisers de Bruges, parce que c’était vraiment trop drôle. Chacun ses références. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi il nous a pris tant de temps à parcourir les quelques 120km qui sépare cette ville de Bruxelles.

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IMG_0184Surnommée la Venise du Nord, le centre historique de la ville (qui présente le plus grand intérêt) se visite à pieds. Nous avons décidé de faire la visite à la cool, sans plan ni carte ni but précis. Après avoir garé la voiture à l’entrée de la ville (gratuitement d’ailleurs, j’ai trouvé ça surprenant), nous nous sommes gaiement promenés parmis canaux, calèches, maisons typiques, odeurs de gauffre, et CENTAINES DE P***** DE TOURISTES ayant eu la même idée que nous au même moment. C’est l’unique point faible du coin : comme toutes les villes un temps soit peu historique et atypique, elle est rapidement envahie par des flots incessants de visiteurs, rendant la circulation et l’appréciation des lieux plus difficile. J’avais par exemple trouvé Anvers (ou Antwerp) J’ai par contre été extrêmement déçue de tomber par hasard sur les locaux pas terribles du College of Europe, THE université où tous les gens qui ont une carrière semblable à la mienne ont songé à aller.

Pour l’anecdote : à cette période, l’ancien ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’UE Mr Anthony Luzzatto Gardner y donnait des cours. J’aurais donné beaucoup pour pouvoir y assister. Tellement que je mets en lien un discours qu’il a prononcé dans le cadre d’une conférence organisée par mon ancienne boîte, auquel j’ai assisté cette fois ! Je me doute que cette anecdote n’intéresse personne, mais m’en fous, c’est mon blog !

Nous avons ensuite déjeuner chais-plus-trop-où (la meuf vachement utile), dans une gargotte typiquement belge, et nous sommes régalés de lapin des Ardennes à la bière et frites bien grasses avant de partir digérer en visitant les coins et recoins de la ville. Tranquille. Pas de location de vélos, ni même de gauffre ( ?!) pour nous, mais une jolie visite, et un coin où je prendrai plaisir à revenir si le temps s’y prête.

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Looking like we are about to drop the baddest album of the century

Et le temps s’y prête d’ailleurs rârement… vue la météo pourrie ! Enfin je m’égare…

[Summer Backpacking : Asie du Sud-Est] : Vang Vieng et sa province

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Avec un retard de cinq mois dû au travail et à la flemme, voici la suite de mon journal de bord asiatique !

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Après une nuit courte et mouvementée dans un bus-couchette pas vraiment tout-terrains, un petit retour sur notre séjour à Vang Vieng (dans le centre du pays). D’abord, pour ceux qui ont la flemme, un petit résumé : éboulements sur la route ? Check. Se retrouver sous la moussons (que dis-je, la douche) alors que t’es pas en train de rentrer ? Check. Se fracturer la rétine devant les grandioses forêts du Laos ? Super check ! Le coin est entouré par moultes rizières et falaises verdoyantes, et notre visite fut placée sous le signe des longues balades à dos de scooter et baignades dans les sources locales.

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En même temps vue la chaleur locale c’était pas du luxe. Le soleil cogne fort du matin au soir, et l’investissement dans la crème solaire conditions extrêmes n’était pas du luxe ! Je garde d’ailleurs un souvenir ému de l’hilarité générale des locaux lors de nos nombreuses séances quotidiennes de tartinage.

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La région de Vang Vieng est particulièrement connue pour ses activités de tubbing, consistant à descendre le Mékong sur une chambre à air tout en consommant de larges quantités d’alcool… Nous nous sommes bien abstenus, mais  n’avons pas pu resister à l’appel de la bière danoise dans le seule pub irlandais ( ???) tenu par un vrai irlandais, du coin.

Malgré quelques mésaventures d’ordre digestif (oui bon…), cette partie du Laos s’imposa comme l’une de mes préférées.

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Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, à peine installés qu’il est déjà temps de repartir, cette fois-ci pour le Sud du pays, à Paksé plus précisément. La première partie fut déjà riche en émotions diverses et variées, d’abord quand l’un d’entre nous, faute de place dans le bus, s’est retrouvé à faire le voyage jusqu’à Vientiane sur une chaise de jardin (lol). Ensuite, notre escale à la capitale a donné lieu à des séparations déchirantes, quand notre camarade espagnol trouvé en route a décidé de continuer sa route vers la Thaïlande, puis la Birmanie.  Enfin soit.

Dix heures plus tard et un trajet des plus sportifs, nous voici donc bien arrivés à Paksé, province de Champassak, et sous une pluie battante, prêts à battre la campagne jusqu’au plateau des Bolavens.

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La suite au prochain épisode – Wat Phou, les Bolavens, et ou comment j’ai échappé vaillamment aux morsures de sangsues.

[Summer Backpacking : Asie du Sud-Est] #2 Luang Prabang et premiers pas au Laos

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Hi !

Bienvenue au deuxième épisode de mes aventures en Asie. Cet exercice est très amusant pour moi, dans la mesure où il me permet de revivre mon voyage sous un angle nouveau, avec le recul du retour à la maison. Vous pouvez d’ailleurs retrouver mon premier article à ce sujet ici. Dans cet article, on va parler de la ville de Luang Prabang, située dans la province du même nom au nord du Laos. Cette ville était absolument extraordinaire, d’une beauté saisissante grâce à la présence de nombreuses maisons de maître datant de l’époque coloniale, et un haut lieu du Bouddhisme en Asie du Sud-Est.

Donc sans transition, voici un nouvel extrait de mon journal de bord !

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24 août 2017 – Luang Prabang, Province de Luang Prabang, Laos

Ca va faire maintenant deux jours que j’ai atteint l’ancienne capitale du Laos, et ces jours sont mes vrais premiers jours de vacances. J’ai enfin rejoint la troupe, toute bronzée et pleine d’entrain (neuf copains et une pièce rapportée espagnole lo siento Hector :D). J’ai aussi ramassé en route une camarade belge, rencontrée dans le bus. La fatigue initiale du voyage en avion est passée très vite, remplacée par l’excitation du voyage.

Ces deux jours ont été principalement consacrés à la visite de temples (les mêmes qu’à Bangkok), et de cascades : les chutes de Kuang Si et Tad Sae.

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En haut les chutes de Kuang Si, en bas les cascades en terrasse de Tad Sae

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Petite balade en pirogue le long du Mékong pour atteindre Tad Sae

Comme expliqué plus haut, Luang Prabang est un haut lieu du Bouddhime en Asie, et le temple principal de la ville, le Wat Xieng Thong, construit au XVIème siècle, contient une superbe représentation incrustée dans un mur d’un pipal (ou figuier des pagodes) , un arbre sacré sous lequel Bouddha aurait atteint l’illumination.

 

De là on se souviendra la luxuriance de la campagne, la majestée des temples, les balades à dos de scooter, et les baignades dans les chutes d’eau (cool). On se souviendra aussi des barrages de police (au soleil, parce que sinon c’est pas drôle) ; de la mousson (avec des gouttes de la taille de balles de tennis) ; les nids de poule ; une expérience de mort imminente, où je fus héroïquement sauvée des eaux ; et une impression étrange que cette ville magnifique sert de vitrine pour les touristes, et devient une sorte de Disneyland (moins cool).

On reparlera plus tard, dans une sorte d’article conclusion sur ce voyage, du fait que malgré leur énorme potentiel et leur beauté, ces pays d’Asie du Sud-Est restent des pays très compliqués.

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A l’heure qu’il est notre prochaine destination est encore incertaine (en tout cas pour moi), mais il est déjà sûr que j’en prend plein les yeux !

Et j’ai continué à en prendre plein la vue au cœur de ces riantes contrées ! Au prochain épisode, on parlera de la région de Vang Vieng et de la magnificience de la campagne.  

 

Ciao !

[Summer Backpacking : Asie du Sud-Est] #1 Bangkok, et premières impressions

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Hi !

Je commence avec cet article une série de récits de voyage, issus de mon journal de bord rédigé lors de mon voyage en Asie cet été. En effet, j’avais décidé de rejoindre un groupe d’amis pour trois semaines entre le Laos et le Cambodge, et j’avais pour l’occasion fais l’acquisition (rime de ouf) d’un moleskine – ces carnets légendaires qui coûtent une blinde – afin de pouvoir y noter mes impressions et expériences vécues sur place.

Il faut dire qu’il y a eu, de l’aventure.

Entre glissades dans la boue en scooter, expériences de mort imminente sur la route, attaques de moustiques et coups de soleil, je ne savais plus où donner de la tête ! Heureusement, la bouffe, les gens et les paysages sublimes étaient là pour rattraper le coup ! 🙂

Cette série sera donc pour moi l’occasion de retranscrire ce journal, de même que de commenter, à froid (oui parce que j’ai eu quelques crises existentielles sur place), mes écrits. Aussi pour les besoins de cette série, mon carnet de bord sera rédigé en italique.

J’ai commencé de voyage par une escale de 12h à Bangkok, Thaïlande, entre le vol qui m’avait emporté à Bruxelles, et celui qui devait m’envoyer à Vientiane, République Démocratique Populaire du Laos. Voici donc mes premières impressions sur l’Asie du Sud-Est, dans l’une de ses capitales les plus vivantes.

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21 Août 2017 – Aéroport International Suvarnabhumi, Bangkok, Thaïlande

Il est actuellement 18h30 à l’aéroport de Bangkok, et j’attends mon vol pour le Laos. Je n’ai pas dormi depuis environ 26h (la faute à mon choix de prendre le vol le moins cher, avec donc des horaires et escales pourries), et je commence à peine mon road trip en Asie. La chaleur y est écrasante, et ce dès l’aube.

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A chaud, Bangkok m’est apparue comme une ville de contraste intense, entre luxuriance démesurée, pauvreté comme j’en ai rarement vue, et remplie de temples étincelants et rues bordéliques. C’est une ville qui déborde d’une énergie singulière malgré les difficultés politiques et économiques qui secoue le pays. On est très loin du flegme apaisé et lisse du vieux continent. La fatigue n’aidant pas, je me suis laissée trainer dans quelques pièges à touristes. Pas grave, on va dire que c’est le début (quelques dépenses pas justifiées,  notamment mes aventures sur les routes : je me suis accrochée à mon taxi-scooter plus fermement qu’une moule à son rocher). Et c’est pas peu dire : entre conduite suicidaire et abondance de véhicules, t’as le temps de voir défiler ta vie sous tes yeux à chaque carrefours.

J’ai commencé par le quartier du palais impérial. Hypnotisant (sauf la partie où t’es fouillé comme un malpropre… passons). Puis je me suis laissée embarquer pour un tour en barque sur le Chao Praya. A un moment, au milieu du désordre des maisons sur pilotis (et des lézards géants dégueulasses), une femme qui étendait son linge m’a souri. Elle avait l’air sincère et, pendant un instant, j’ai cru saisir l’esprit de la Thaïlande.

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Lézard géant dégueulasse 

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Hum… Philosophie ! J’étais vraiment crevée à ce moment, je divaguais un peu. Lol.

J’aurais aimé rester plus longtemps. J’ai l’impression de n’avoir gratté que la surface. Je reviendrai ! Rétrospectivement c’est assez ironique, dans la mesure où Bangkok est sûrement la ville qui m’a le moins plus de tout le séjour, Vientiane et Phnom Penh étant des villes beaucoup plus agréables.

Dans quelques minutes, une voix de haut-parleur va annoncer : « please procede to gate for boarding… ». Après une sieste bien méritée, je me réveillerai à Vientiane. C’est la fin du prologue de ces vacances en Asie.

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Il était un petit navire-euuuh 😀 

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les berges du Chao Praya

Sur ces bonnes paroles, je m’en vais à la dégustation d’un poulet épicé maison des familles, et vous laisse sur ce premier article. Dans un prochain épisode, on parlera de Luang Prabang et du pays de l’humidité constante.

Ciao !

Le Livre des Baltimore de Joël Dicker, ou comment succomber aux sirènes du consumérisme littéraire

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Je l’avoue sans honte, j’ai souvent tendance à suivre les tendances en terme d’achat littéraire. En gros, si le livre est exposé à la une de la Fnac, il y a de grandes chances que je reparte avec. C’est ce qui s’est passé avec Le Livre des Baltimore : il avait de bonnes critiques, le premier livre de Joël Dicker s’était vendu comme des petits pains, et l’histoire semblait intéressante. Voilà de quoi ça parle :

 

Le Livre des Baltimore, par Joël Dicker – parût aux Editions de Fallois (2017)

« Marcus vient des Goldman de Montclair : classe moyenne, maison banale à Montclair, petite ville dans la banlieue de New York. Rues à la Hopper, avec maisons de briques. Marcus a grandi dans la fascination pour l’autre branche de la famille, les Goldman de Baltimore, le grand port sur l’Atlantique, porte d’entrée historique pour de nombreux migrants. Ces Goldman-là habitent une grande demeure somptueuse dans la banlieue riche de la ville. L’oncle Saul est un avocat de renom. Tante Anita est médecin à l’Hôpital John Hopkins. Il y a aussi Hillel, leur fils, provocateur inspiré, et Woody, fils adopté par le couple, sauvé des gangs et qui rêve d’une carrière dans le football. »

 

L’histoire avait tous les ingrédients réunis pour me plaire, entre saga familiale, vieilles rancoeurs et drames existentiels. C’était en effet les thèmes récurrents de mes derniers achats depuis Pastorale Américaine.

Et bien on va dire que c’était très moyen. Autant d’un côté le livre se lit assez facilement de par son style simple (pas vraiment simpliste, mais pas vraiment de la haute littérature non plus), autant les 350 premières pages en font presque trop, à décrire la réussite des Goldman comme le pinacle de la société américaine, entre maison dans les Hamptons, voitures de luxe, nuits au Waldorf Astoria etc. et l’admiration sans bornes que voue Marcus à ses cousins relève presque de la névrose. Je ne m’attarderai pas non plus sur la relation entre les trois cousins et leur voisine superstar de la chanson Alexandra, parce que plus cliché que ça, ça ne se trouve que dans un mauvais épisode de Amour, Gloire et Beauté. En fait, pendant les trois quart du livre, j’ai eu l’impression que l’auteur décrivait une vie fantasmée – celle qu’il aurait aimé avoir. Puis, par une quelconque malveillance littéraire, l’auteur offre une fin des plus tragiques à son roman via les révélations de secrets de famille encore plus clichés, et la survenue du Drame (toujours en majuscule dans le texte) qui a tant meurtri l’enfant chéri de l’Amérique.

Mais on rentiendra quand même que Dicker est un sâcré auteur, sachant nous appâter pour aller au bout du livre en faisant preuve de quelques fulgurances (à l’échelle du livre hein, pas des fulgurances comme chez Towles ou Blatty), et titillant l’intérêt du lecteur curieux qui tient absolument à connaître ce fameux Drame.

C’est donc relativement déçue que j’ai terminé ce livre, et décidé de me laver les yeux en attaquant deux monuments de la littéraire franco(-tchèque) et américaine : L’Insoutenable Légêreté de l’Être de Milan Kundera, dont j’avais gardé un souvenir ému depuis le lycée (où j’avais dû lire La Valse aux Adieux) ; et Les Cantos d’Hypérion, de mon auteur chéri Dan Simmons. Bientôt fini les deux. Mais comme je suis quand même incorrigible et ai tendance à laisser une deuxième chance, même à un auteur – certes médiatique – que je trouve médiocre, j’ai piqué chez ma mère La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, on verra si c’est mieux.

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Sinon dans un registre totalement différent, j’ai fini le programme Insanity MAX 30 et me suis lancée dans l’aventure de la préparation à l’Ironman 70.3 (ouais ma gueule). L’idée étant d’être capable de compléter cette course mythique d’ici à l’année prochaine. Je viens de finir la première semaine du programme, je pense donc faire un article dessus d’ici un mois, histoire de faire un bilan sur comment ça se passe.

« Filling Our Lives with Dreams, or How I learned to Stop Worrying and Love the Game »

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Attention pavé.

Une des raisons pour laquelle je n’ai jamais réussi à me détacher de mes glorieux instants geek du lycée, ni même à complètement lâcher une manette ou un ordinateur, est leur capacité à à titiller mon imagination – déjà (trop) débordante. Aussi un de mes rêves inavoué fut de dessiner des décors ou écrire des scénarios de jeux vidéos. Dans la mesure où j’ai fait un master en sciences politiques, on peut dire que c’est raté. Mais l’univers du jeu vidéo n’a jamais vraiment quitté, et j’ai toujours su apprécier les bons jeux de capes, d’épées, de dragons et monstres en tout genre. A la lumière de mon acquisition récente d’une Playstation 4 et de la télé qui va avec, j’ai puisé dans les méandres de ma mémoire quels avaient été les jeux ayant influencé le plus mon imaginaire, et ma définition de ce qu’est un bon jeu/film/livre.

Voici une liste des jeux qui ont profondément marqué mon imaginaire et resterons, à jamais, au panthéon de moi-même. De façon assez étonnante, en faisant quelques recherches pour cet article, je me suis aperçue que la plupart de ces jeux sont sortis avant 2010. Preuve qu’un bon jeu n’est pas forcément limité aux capacités techniques des consoles modernes, mais

Disclaimer : outre le fait que ces avis n’engagent que ma personne, je peux facilement être qualifiée de casual par la véritable communauté geek dans la mesure où je n’ai quasiment jamais joué, faute de moyens, sur PC master race, et j’ai réussi à opérer une pause (parfois elle-même mise en pause) de quasiment cinq ans dans mes habitudes de jeu en vue de réussir mes études. Mes jeux préférés sont donc principalement sur console.

 

  1. The Elder Scrolls V : Skyrim (sur Playstation 3)

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Celui-là c’est celui qui m’a convaincu de me remettre à jouer plus qu’il n’est raisonnable pour quelqu’un de mon âge. Il m’a été offert l’année dernière par le American Husband, qui n’était à l’époque que le Boyfriend, et il fut la raison majeur du déclin de ma vie sociale lors de mes derniers mois à vivre en Autriche. Si ça intéresse quelqu’un, je jouais un Dunmer mage-guerrier, j’ai fini les quêtes principales du jeu et des deux DLC, et j’avais atteint le niveau 42 quand nous avons rendu la console à notre colocataire.

Ce jeu est, tout simplement, de la bombe. Entre la beauté  des graphismes du monde ouvert ; les réflexions sur le pouvoir, le destin, le libre-arbitre ; la musique (tout joueur qui se respecte ne peut s’empêcher de frissonner aux premières notes du thème Dragonborn) ; la diversité des missions etc. Une des choses qui m’a le plus plu sur ce jeu est son manque de linéarité – qui a pu lui être reproché – permettant ainsi une totale liberté quant à la personnalité et la direction que va prendre le personnage principal, et des heures et des heures de jeu. Bref, j’ai du mal à mettre des mots sur l’amour que je ressens pour ce jeu, et la franchise en générale.

D’un point de vue technique le gameplay est intuitif, et comporte quelques spooky moments lors de l’exploration d’anciens tombeaux et ruines. En plus y’a des dragons, et le DLC Dragonborn permet de pouvoir les monter, dans des moments d’anthologie m’ayant poussé à prononcer plusieurs fois le nom du Seigneur en vain.

Dans un registre similaires, je viens – dans un moment honteux d’achats compulsif sur Amazon – d’acquérir The Elder Scrolls Online, je sais que la critique a été mitigée et que beaucoup de gens ont essayé en vain de m’en dissuader, mais la vidéo de présentation envoyait du très (trop) lourd. A faire à suivre une fois que je l’aurais saigné pendant quelques jours.

Nan mais regardez cette vidéo comme ça fait envie !

 

  1. Kingdom Hearts II (sur Playstation 2)

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Celui-là je me souviens, un de mes oncles me l’avait offert à Noël, et je n’y avait pas touché pendant plusieurs moi. Mon mode de pensée à l’époque était que, un jeu qui reprenait des personnages de Disney ET de Final Fantasy, ça ne pouvait pas coller, for obvious reasons (ou pas).

Puis dans un grand moment d’ennui (d’égarement) j’ai fini par m’y mettre et là, révélation. Le jeu est beau, sensible, drôle, touchant, également incroyablement intuitif avec des combos de fo-lie, et il m’est resté en mémoire comme l’un des premiers jeux ayant véritablement éveillé ma sensibilité pour tout ce qui touche à l’heroic fantasy. Puis il faut dire aussi que terminer le niveau de la citadelle et enfin atteindre Xemnas, ça avait quelque chose de jouissif. En effet le jeu est sorti en 2005, j’avais 12-13 ans à l’époque, et je me remettais à peine de la claque littéraire et visuelle qu’avait été Le Seigneur des Anneaux. Plus tard, j’ai joué au premier volet de la série et j’ai moins accroché, puis j’ai joué à des versions sur console portable et j’ai carrément accroché. Je joue notamment à Dream Drop Distance sur 3DS en ce moment, entre autre.

Bien que les graphismes ont maintenant vieilli (j’y ai rejoué en remasterisé sur Playstation 3), je n’ai jamais pu décroché de cet univers coloré, et l’espoir de voir un troisième opus enfin sortir me fait ressentir un doux mélange d’excitation et nostalgie des années de l’innoncence perdue. Je m’égare.

 

The Legend of Zelda : the Minish Cap (sur Gameboy Advance)

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Le premier jeu Zelda auquel j’ai jamais joué fut Link’s Awakening, sorti en 1993. Quand je fut en âge de tenir une manette, ma sœur me laissait joué sur sa vieille Gameboy, d’où mon attachement à la série sur console portable. J’avais adoré joué à Oracle of Seasons et Oracle of Times à l’époque de leur sortie, en 2001. Attention coup de vieux. Il faut dire aussi qu’à la sortie de Ocarina of Time en 1998, j’étais encore trop jeune pour comprendre l’ampleur du bordel, et même si j’ai racheté Majora’s Mask sur Nintendo 3DS, je suis toujours aussi nulle à ce jeu.

En conséquence, et je n’ai pas honte de le dire, The Minish Cap est le premier Zelda que j’ai pu finir sans tricher ni chercher les solutions sur Internet (oui tout le monde l’a fait, je le sais, pas la peine de nier). Ce jeu garde donc une place privilégiée dans mon petit cœur de gamer amateur, place qu’il occupe aussi grâce à ces graphismes innovants, mais aussi pour sa musique qui exploitait de manière étonnante les capacités sonores de la console portable. Aussi faut dire qu’à mon âge j’étais fière : j’avais réussi à réunir toutes les figurines collectibles dans le jeu, à grands coups de recherche de coquillages.

Dès lors, si j’ai pu voir les vidéos de présentation du nouveau Breath of the Wild et les critiques qui l’encensent comme le meilleur jeu de l’année, je ne serai pas en mesure d’y jouer, à ma grande déception. Bah oui, comme la plupart du commun des mortels, acheter une Switch, juste pour un jeu, même à mon niveau c’est trop irresponsable. Snif.

 

TL;DR : j’adore les jeux d’heroic fantasy, et même un peu trop. Sur ce je vous laisse pour de nouvelles aventures vidéoludiques (vais commencer Horizon : Zero Dawn) avec le thème Dragonborn de Skyrim.

 

 

Cultive ton âme #2 A Gentleman in Moscow

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A Gentleman in Moscow, par Amor Towles – publié au Etats-Unis chez Hutchinson

Souvenez-vous, j’y faisais référence ici.

Après une période relativement compliquée, déménagement, changement de boulot etc. je l’ai enfin fini.

A Gentleman in Moscow

Celui-là je le défendrai bien volontiers contre une foule de paysans en colère. C’est un livre absolument extraordinaire. Pour la petite histoire, il m’avait été recommandé par les propriétaires de The Shakespeare Company à Vienne, alors que je cherchais à acheter un livre d’Agatha Christie – je suis aussi repartie avec Sparkling Joy de Marie Kondo, mais ça c’est une autre histoire (si quelqu’un est intéressé par apprendre à organiser un frigo, je le recommande).

Revenons en à notre propos.

A Gentleman in Moscow est le deuxième livre d’Amor Towles, ancien directeur financier à Wall Street reconverti dans l’écriture. Grand bien lui a pris. Son premier livre, Les Règles du Jeu, a reçu un accueil plutôt chaleureux sur Babelio, et il se trouve actuellement dans ma liste d’achats sur Amazon (pas trouvé en librairie, pas beaucoup cherché non plus). Malheureusement, l’ouvrage du jour n’a pas encore été traduit en français, mais pour les plus anglophones d’entre vous, il reste tout à fait accessible.

 

De quoi ça parle ?

Le roman s’ouvre sur la retranscription du procès du Comte Alexander Ilyich Rostov en 1922, aristocrate non repenti dont les écrits ont été jugé anti-révolutionnaires par une cour bolchévique. Le comte se retrouve donc condamné à l’assignement à domicile à durée indéterminée dans sa résidence moscovite, l’hôtel Metropol, situé en face du Kremlin. Rostov, un homme cultivé, érudit, et d’une nonchalance presque britannique, doit donc d’adapter à sa nouvelle situation, alors que la Russie va traverser une des périodes les plus tumultueuse de son histoire. Il sera aidé dans sa tâche par Anna, une actrice de cinéma ; Emile et Andrey, tout deux travaillant pour le Boyarsky, le restaurant de l’hôtel ; et Sofia, une enfant fort sérieuse et dôtée d’un talent innoui au piano.

 

Qu’est-ce qu’on en pense ? Attention ça va spoiler (un peu)

Ce qui m’a capté dès le début du livre, c’est la culture et la sophistication de l’auteur, qui transpire au travers de son personnage principal. Le roman est bourré de références à la philosophie des Lumières, à la musique classique, à la littérature russe, au cinéma américain classique, et j’en passe. Tout ceci démontre un véritable amour de l’auteur pour les sujets qu’il aborde, et apporte un relief incomparable à son personnage principal. Pareillement, le style de Towles est très agréable à lire, à la fois abordable quand on a pas l’habiture de lire en anglais, mais aussi très poétique, voire très drôle (je pense notamment à la scène de la préparation de la bouillabaisse, l’évasion des oies du restaurant, ou à la première leçon de piano de Sofia).

En construisant son livre à la manière d’une quête initiatique pour Rostov, Towles va aborder des thèmes métaphysiques relativement sérieux tels que la recherche de soi, l’amour, l’amitié, l’histoire de la Russie Soviétique, les conséquences de la guerre, les relations filiales, ou alors ce qui fait d’un homme un homme de but. Dès lors le récit est relativement décousu dans sa narration, et couvre une période de quarante ans de la vie de Rostov, du jour de son emprisonnement à la délivrance finale (à laquelle on ne s’attend pas forcément je dois bien avouer). Mais ce style ne nuit en rien à la narration, qui reste très fluide et agréable à lire.

En terme d’esthétique, le livre m’a fait fortement pensé au film de Wes Anderson, The Grand Budapest Hotel. La manière dont Towles articule son récit est presque graphique, et chaque détail, chaque description, chaque allusion à une œuvre extérieure au récit, trouve sa place afin d’étoffer les personnages et les relations qu’ils entretiennent avec leur univers et les évolutions du monde qui les entoure. Je pense par exemple à la relation qui va unir Rostov et le cadre du Parti Osip, rendue plus authentique grâce à leur amour respectif pour Alexis de Tocqueville ou les films de Humphrey Bogart (j’ai jamais vu Casablanca, honte sur moi). D’une certaine manière, leurs relations est une mise en abyme des évolutions que subit la Russie depuis la Révolution jusqu’à la Grande Guerre Patriotique, en opposant un personnage issu de l’ancien monde et un autre censé incarner le renouveau de l’ère soviétique. Dans A Gentleman in Moscow, la métaphore du fusil de Tchekhov est utilisée à son meilleur potentiel, sans jamais devenir redondant tant les différentes phases de la vie de Rostov s’emboîtent parfaitement.

C’est poétique, c’est coloré, jovial mais sans tombé dans le caricaturale, bienveillant, et Towles retranscrit avec une justesse certaine la manière dont un groupe de personnages évoluent dans leur microcosme, alors qu’à l’extérieur, le monde se transforme d’une manière qu’ils ne pourraient imaginer. Ces mêmes personnages sont tous attachants à leur manière, et leur personnalité très bien représentée. Bref, je ne taris pas d’éloges pour ce livre. C’est un ouvrage toujours marrant, toujours touchant, rafraichissant, et il m’est très difficile de lui rendre hommage en quelques paragraphes.

 

Sinon j’ai commencé L’Insoutenable Légèreté de l’Être de Milan Kundera… Affaire à suivre.

Chroniques Belges #2 – Vis ma vie de touriste les jours de pluie

Belgique, expat life, shower thoughts, voyage

Hi !

Pour la petite histoire, j’ai déménagé à Bruxelles pour suivre le American Husband qui y a trouvé un boulot. Ouais, ouais, t’as vu la femme dévouée que je suis.

Vu que je ne travaille pas encore (je suis sur le coup), je balance mes journées entre recherche d’emploi, activités de femme d’intérieur, et tourisme de masse. Et il y a de quoi faire ! Si Bruxelles ne ressemble en rien à Vienne, que ce soit au niveau du coût de la vie, efficacité de l’administration, ponctualité des transports en communs (pourquoi ?… *larme de désespoir*), ambiance, bouffe etc. la vie belge reste très animée et riche en coin et recoin pour passer le temps. J’écris d’ailleurs ces lignes dans un café ma foi fort sympathique mais un peu bruillant, tout proche du quartier des musées (le Jat’Café au 28 rue de Namur, juste pour info).

Donc sans transition, voici une liste non exhaustive des trucs à faire quand tu t’ennuies à Bruxelles, et qu’accessoirement il pleut.

 

#1 Le Musée Magritte

Incontournable et inspiré. Voilà comment je décrirais ce monument à la gloire du célèbre peintre René Magritte, figure essentielle du mouvement surréaliste. Le musée est situé dans l’Hôtel du Lotto, faisant partie plus d’un vaste ensemble néoclassique sur la Place Royale de Bruxelles abritant les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique.

 

La visite se déroule en descendant depuis le 3ème étage du bâtiment jusqu’au sous-sol, et chaque salle retrace une période différente de la vie de Magritte, ses œuvres, ainsi que des photos, son travail en tant que dessinateur d’affiches, et sa correspondance personnelle qui offre un éclairage intéressant sur la production du monsieur. C’est fort sympathique : la collection est riche en peintures, objets etc. et ose abordé des aspects généralement peu traité de la vie d’un artiste, aussi bien personnelle que professionnelle. D’ailleurs en parlant d’éclairage, c’est le seul reproche que je pourrais faire au musée : la scénographie des lieux laisse parfois à désirer, et les spots lumineux qui se reflètent sur la vitre des tableaux empêchent parfois d’admirer correctement le travail de détail des toiles.

Et pomme sur le chapeau melon (en référence au Fils de l’Homme, t’as compris ?), l’entrée ne coûte que 2€ pour les moins de 25 ans, et le musée autorise la prise de photos. Pas cher, pas cher.

 

#2 Le Centre Belge de la Bande Dessinée

Tout aussi incontournable dans la culture belge : les bandes dessinées. Retour en enfance oblige.

Si le Musée en lui-même ne m’a pas passionné outre mesure, le centre a quand même présenté une visite tout à fait épatante, et ce pour deux raisons : d’abord le bâtiment en lui-même. Il s’agit d’une magnifique structure de type Art Nouveau, dessinée par le génial architecte belge Victor Horta en 1903, et achevé en 1906. Pour la petite leçon d’Histoire, le bâtiment abritait à l’origine les Magasins Waucquez, spécialisés dans le commerce de tissus. Ensuite, les planches de bandes dessinées originales. En effet, même si les panneaux explicatifs ne présentent pas un intérêt particulier (différentes étapes du processus de création, trucs du genre), avoir accès à des originaux de ses BDs préférées a quelque chose de magique. Mention spécial pour la petite expo sur les Schtroumpfs ! Parce que les Schroumpfs c’est la vie.

Sinon c’est 8€ l’accès, les photos sont autorisées, et le billet d’entrée ouvre l’accès à la bibliothèque, soit une énoooorme réserve de BDs.

 

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Lectures de janvier – ou le sentiment de l’inachevé et la fin du rêve américain

Lectures, shower thoughts

Janvier en Autriche… le mois plus froid qu’un steak congelé ou que le cœur de ton ex. Période donc tout à fait propice à la lecture (surtout si comme moi tu profites allègrement de ton chômage, plus ou moins technique), à la raclette, ou au jogging – surtout si comme mois t’es un peu maso… oui parce que courir par -10°, t’as tellement froid que tu sens pas que tes jambes fatiguent. Pratique donc. Surtout quand tu t’es lancé le défi (pourri) d’aller courir le marathon de Vienne en avril. Oui, ça m’arrive souvent d’avoir des idées à la con comme celle-là.

Mais bon, mes engelures aux doigts ne sont pas le sujet du jour. On va plutôt s’intéresser ici au fait que pour l’instant je tiens mes objectifs de (au moins) deux livres par mois, et qu’on est déjà le 24 janvier et j’ai commencé le troisième.

Champagne !

Alors… qu’est-ce que ma personne a pensé des ouvrages de deux auteurs majeurs, j’ai nommé William Peter Blatty (mort le 12 janvier dernier, comme quoi 2017 démarre en fanfare), et Philip Roth ? Du bon, du très bon et du moins bon.

Oh et oui pardon, les livres c’était, respectivement, Dimiter et Pastorale Américaine. Et attention ça va spoiler à mort.

 

Dimiter, de William Peter Blatty (paru chez Pocket en 2013)

 De quoi ça parle ?

Perdu au fin fond de l’État totalitaire le plus oppressif et le plus isolé de la planète, l’Albanie de 1973, un homme est détenu prisonnier. Arrêté par hasard, à la faveur d’une enquête de routine, il est soupçonné d’être un espion d’envergure : les autorités déploient toutes les formes de cruauté et de torture pour réussir à lui soutirer des informations. Mais le prisonnier résiste de manière très inhabituelle aux traitements barbares et aux manipulations psychiques : insensible à la douleur, mystérieux sur son identité, il parvient, jusqu’à son évasion finale, à confondre ses ravisseurs. Un an plus tard, à Jérusalem, des événements étranges attirent l’attention des autorités locales et des responsables du renseignement : un enfant de l’hôpital d’Hadassah a guéri comme par miracle, tandis qu’un corps était découvert dans le très sacré tombeau du Christ… Le Dr Moses Mayo, neurologue, son ami Peter Meral, sombre détective arabo-chrétien, Samia, jolie infirmière à la langue acerbe, et un assortiment de fonctionnaires américains et israéliens, vont se trouver pris dans une série de rebondissements et de décès inexplicables. S’agit-il là d’un complot ? Tous les indices semblent converger vers une seule et même personne : Dimiter, surnommé « l’agent de l’enfer »…

Qu’est-ce qu’on en pense ?

Dimiter c’est le livre auquel tu comprends rien, mais alors rien, jusqu’au dernier chapitre. Et là, rélévation, retournement de situation (moyen le coup de la femme morte mais en fait pas vraiment, et le coup de l’agent trahi et vendu aux russes, et le truc du prêtre catholique en Albanie… enfin je m’égare), toutes les pièces du puzzle s’emboitent enfin.

En fait la quatrième de couverture est super racoleuse, quand tu vois le nom de l’auteur tu commences à rêver, les cent premières pages sont plutôt pas mal, puis ça part dans un mélange de n’importe quoi confus, jusqu’à la résolution finale rushée sur dix pages, qui te fait dire un truc du genre « ah d’accord… ». Alors oui d’accord tout d’un coup le gros de l’histoire prend son sens, mais j’ai pas vraiment accroché au coup du cliffanger à trois francs. C’est un peu le genre de livre auquel il manque une bonne centaine de pages afin de détailler certains aspects de l’intrigue, je pense ici au coup de la trahison du meilleur pote qui couche avec la femme (originalité quand tu nous tiens), de la relation entre Dimiter et son bourreau qui prend un virage à 180° à la fin du livre, et le truc des malades qui guérissent parce que ça c’est resté en suspend.

J’ai eu aussi beaucoup de mal à m’identifier aux personnages qui manquent clairement de relief, et a qui on a greffé des histoires de tragédie personnelle, qui n’ont, en soi, aucun intérêt dans la mesure où elles ne permettent pas vraiment d’étoffer les héros.

Avec Dimiter, j’ai eu l’impresion que Blatty – qui a connu un succès sans limite avec L’Exorciste (et de l’adaptation culte, mais qui a quand même pas mal vieillie) – a voulu s’essayer au roman policier pseudo-ésotérique grand public avec plus ou moins de maladresse, et s’est beaucoup trop éloigné de ce qui a fait son succès en tant qu’auteur. Bon après il faut rendre à Jules ce qui est à César (j’adore cette expression), c’est distrayant et ça m’a bien tenu compagnie pendant mon séjour aux urgences (faites du sport qu’ils disent).

 

 

Pastorale Américaine, de Philip Roth (paru chez Folio en 2001)

De quoi ça parle ?

Après trente-six ans, Zuckerman l’écrivain retrouve Seymour Levov dit «le Suédois», l’athlète fétiche de son lycée de Newark. Toujours aussi splendide, Levov l’invincible, le généreux, l’idole des années de guerre, le petit-fils d’immigrés juifs devenu un Américain plus vrai que nature. Le Suédois a réussi sa vie, faisant prospérer la ganterie paternelle, épousant la très irlandaise Miss New Jersey 1949, régnant loin de la ville sur une vieille demeure de pierre encadrée d’érables centenaires : la pastorale américaine. Mais la photo est incomplète, car, hors champ, il y a Merry, la fille rebelle. Et avec elle surgit dans cet enclos idyllique le spectre d’une autre Amérique, en pleine convulsion, celle des années soixante, de sainte Angela Davis, des rues de Newark à feu et à sang…

Qu’est qu’on en pense ?

En général, moi j’aime les polars, les histoires de meurtres complexes, d’où mon choix de lire Dimiter. Et puis Pastorale Américaine m’a été recommandé par the American boyfriend, qui m’a donné envie de m’intéresser à d’autres types d’ouvrages. Grand bien m’a pris. C’était vachement bien. Effectivement, cette histoire de drame familial sur fond de contestation de la guerre du Vietnam, de cette gamine bègue devenue terroriste, et des conflits internes du père… c’était captivant. Remarquez qu’avec les livres de ce mois-ci, on reste dans la thématique des problèmes de famille.

Si dans le cas de Blatty les personnages manquaient littéralement de profondeur, dans le livre de Roth, j’ai pu parfaitement ressentir la détresse du père sous ses airs d’homme indestructible, ses doutes quant à la culpabilité de sa fille, et souffrir avec lui devant l’effondrement de son monde. Et ça donne un aperçu plus vrai que nature de l’Amérique pendant la Guerre du Vietnam (1955-1975 pour les moins férus d’histoire), vue par des personnages en apparence lisse, mais beaucoup plus complexes qu’on peut l’imaginer.

Le seul reproche que je pourrait lui faire, c’est la façon dont l’auteur gère la fin du livre, qui s’articule autour d’un dîner insupportable, qui révèle la trahison de la femme (ou des femmes), et tout le désespoir qui en suit. Si on est déjà au courant du remariage du père, de sa mort (foutu cancer) et de celle de sa fille (peu claire), cette fin laisse sur les dents. Et nom de Dieu c’est dense à lire, autant à cause du style d’écriture (avec beaucoup de retours en arrière et de moment fantasmés) que du contenu.

 

Et sinon j’ai commencé A Gentleman in Moscow (vachement sympa à lire pour les plus anglophones d’entre vous), et j’ai vu Manchester by the Sea, le meilleur film que j’ai vu depuis… depuis longtemps !

Va voir Manchester by the Sea !