Nouveau style pour une nouvelle vie

Lectures, shower thoughts
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Avec en prime un aperçu de mon nouveau charmant bonnet

Mais que se cache derrière ce titre racoleur à souhaits ?

Comme toute personne qui se respecte, j’ai eu subitement envie d’entreprendre un renouveau de développement personnel qui change toute ta life et fait de toi une meilleure personne : j’ai nommé, les bonnes résolutions annuelles. Et comme tout nouveau résolutionneur (je sais pas si ce mot existe vraiment, à méditer…), je compte sur toute la force de ma volonté (on est mal barré) pour m’y tenir.

Etant donné que j’ai déjà fait l’effort surhumain de me (re)mettre au sport et de m’y tenir, thanks to the American boyfriend, et j’ai enfin réussi à arrêter de cloper après trois lamentables échecs, je me suis dit que, cette année, j’allais défier mes capacités de motivation en me fixant un nombre de livres à lire entre le 1er janvier et le 31 décembre 2017. Une année comptant 52 semaines, j’ai fixé mon nombre de bouquins à 26, soit un toute les deux semaines.

Faisable donc.

J’ai d’ailleurs une pile de livre subtilement photographiée ici pour m’aider à démarrer. Je te fais ici l’honneur, toi lecteur assidu, de te la présenter en images.

 

Pastorale Américaine, de Philip Roth

Bon alors celui là c’est un peu de la triche vu que je l’ai déjà commencé. J’en suis à la page 130 (environ) si ça intéresse quelqu’un… Il m’a été recommandé par le American boyfriend, et pour l’instant c’est plutôt pas mal. Ca parle de drame familiale sur fond de guerre du Vietnam, de revendications sociales et de destins brisés. En soi c’est pas forcément ma came (j’aime les polars vois-tu) mais c’est TRES bien écrit et ça te donne un aperçu plutôt percutant de la société américaine d’après-guerre, det ses problèmes et de ses héros. Et j’avais déjà lu Portnoy et son Complexe du même auteur, et c’était fort sympa.

Un truc d’intello quoi ? Oui mais c’est bon pour toi…

 

Dimiter, de William Peter Blatty

Pour ceux qui ont vécu sous un caillou ces cinquantes dernières années, Blatty ce n’est ni plus ni moins que l’auteur de L’Exorciste… Oui parce qu’avant d’être le film le plus culte de William Friedkin, les aventures du démon Pazuzu avaient été couchées sur papier.

Celui-là aussi c’est carrément une magouille de ma personne, vu qu’il m’a tenu compagnie pendant une bonne partie de mes (longues) attentes au service des urgences après un poignet cassé ; et que je l’ai donc presque terminé, mais pas tout à fait. BOUH ! PAS BIEN !! En fait le truc c’est que, malgré un synopsis prometteur, ce livre me laisse pour le moins… dubitative. Ca avait pourtant l’air bien avec ces histoires de meurtres mystérieux, d’espions, d’occulte etc. Mais à plus de la moitié je vois pas trop où on va avec tout ça. Mais alors vraiment pas…

 

A Gentleman in Moscow, de Amor Towles

Honnêtement je n’ai pas une idée très claire de ce que ça raconte. Si j’ai bien tout suivi, et bien lu la quatrième de couverture, ça parle d’un aristocrate russe assigné à résidence dans un hôtel de luxe moscovite vues ses idées pas franchement révolutionnaires. Pour la petite histoire je l’ai acheté sur recommendation du vendeur à The Shakespeare Company, et j’aimais bien la couverture brillante. A la base je cherchais Dix Petits Nègres d’Agatha Christie. Comme quoi les grands esprits ne se rencontrent pas forcément.

Je suis la preuve vivante qu’on peut – littéralement – juger un livre à sa couverture (oh ça brille).

 

Les Versets Sataniques, de Salman Rushdie

Début de la page Wikipédia à propos de ce bouquin, éditée pour toi mon lecteur d’amour, par mes petites mains : « publié en 1988, […] en 1989, l’ayatollah Khomeini publie une fatwa de mort contre lui en mettant en cause son œuvre et force l’auteur à entrer dans la clandestinité. » Et vu que ça parle d’immigration, de déracinement de l’arrivant, d’attachement à son pays natal et son pays d’accueil, c’est d’actualité.

Tout un programme donc…

Celui là il fait partie de mes achats compulsifs sur Amazon (y’a pire comme achat compulsif tu me diras…), et vu l’épaisseur du bordel, ben j’ai légèrement manqué de motivation pour m’y mettre. Mais promis, tout va changer !

Bilan des courses fin février…

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Deux ans au pays du schnitzel fumant #1

Autriche, expat life, voyage

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Veuillez noter la subtilité de la boutade du titre.

Etant à la recherche d’une vie (professionnelle principalement) meilleure, j’ai plié bagages en août 2014 afin de m’installer en Europe centrale, à Vienne plus précisément. L’idée générale était de trouver un stage aux Nations Unies – le rêve de ma vie – et à terme, pouvoir y travailler (t’inquiète maman, I’m on it).

La partie « installation » a été plutôt facile. Je partais d’abord finir mes études, j’ai pu donc m’installer en cité universitaire avant de trouver mon propre appartement. Quand la partie « administration » a commencé, étant habitué à l’efficacité à la française, ben j’en ai presque pleuré tellement c’est beau. J’ai ouvert un compte en banque en vingt minutes, idem pour ma ligne de téléphone portable, et je n’ai passé que 10 MINUTES avec la sécu. Je vous laisse quelques instants pour vous remettre de l’émotion causée par cette phrase.

Mais l’expatriation c’est avant tout une histoire d’intégration, et c’est là le sujet du jour. Enfin presque : j’ai décidé en cours d’écriture de diviser cet article en plusieurs articles thématiques.

Veuillez noter la qualité de cette transition.

La question première et primordiale que tout le monde se pose : qu’est-ce qu’on mange ?

T’aimes les patates ?

Le Français est un animal snob, le Français est particulièrement attaché à sa baguette, son fromage, et son pinard. Donc quand le Français débarque en Autriche, il a besoin d’une phase d’adaptation. Et tous les retours en Terre Promise (en France), lui donnent l’impression de – enfin – retourner dans des contrées civilisées.

En règle générale, je ne suis pas difficile, mais j’ai vite compris l’étendue de la crasse de mon ignorance en matière de gastronomie locale. Si je devais résumer ça d’une manière simple, deux ans plus tard, je dirais que la bouffe… c’est pas hyper fin. Il faut savoir que l’Autriche est un pays relativement froid en hiver, il faut donc que tes repas te tiennent au corps. Tu aurais donc la chance de manger du Wiener Schnitzel (escalope frite dans de la chapelure) mit Kartoffelsalat (besoin d’une traduction, quelqu’un ?), du Käsespätzle (genre de gnocchi cuit dans du fromage, paix et amour sur Terre), le tout arrosé d’une bonne bouteille de schnapps, te voilà paré à affronter la rigueur du climat, et à tomber en phase d’hibernation.

C’est aussi bien en cas de rupture ou de chagrin ou de défaite de ton équipe de foot… parce que c’est réconfortant et bien gras comme on l’aime. Je critique, je sais… mais bon, étant habitué à la cuisine du marché faite par môman, la transition a été un peu difficile.

En revanche, tout un pan de la culture autrichienne en terme de gastronomie et d’agriculture m’a énormément surpris : les Bundesländer (Etats fédérés) et les collectivités locales mettent un point d’honneur à preserver l’environnement autrichien, qui je dois bien l’avouer est exceptionnel. En conséquence, j’ai jamais autant mangé bio de ma vie, tous les restaurants proposent des menus végétariens (Ciel ! Mon tartare !), et la consommation de produits locaux et de saison est fortement encouragée par ton supermarché du coin. Ca rend pas forcément la bouffe moins lourde, mais l’Autriche est un pays relativement peu touché par les pics de pollution, et rien que pour ça tu fais un effort !

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Là ! Vert et clean comme on l’aime !

Par contre j’ai dû boire plus de bière ces deux dernières années que les vingt-deux qui ont précédé. La production et la qualité locale sont démentes, et c’est encore mieux quand tu t’y connais un peu. Et pardon maman, oui je sais, boire de la bière c’est pas très classe.

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Ce que j’ai appris en évitant le tourisme « mainstream »

shower thoughts, voyage

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Mettons les choses au clair dès maintenant : comme 99,9% des gens de mon âge qui ont la chance de pouvoir voyager, j’ai visité des destinations dites « mainstream ». Donc oui, j’ai fait mon pèlerinage de fin de lycée aux Pays-Bas (plusieurs fois d’ailleurs, y’a pas que Amsterdam, mais c’est un autre débat) et à NYC, je suis allée en Grèce, en Espagne, en Italie et j’en passe… j’ai même été aux Seychelles me dorer le cuir dans un resort pour touristes. Ayant toujours – pour des raisons qui m’échappent encore – regardé à l’est, j’ai aussi pris en grandissant la décision de visiter d’autres pays, plus connus pour leur passé chargé que pour leur potentiel touristique – principalement en Ex-Yougoslavie ou Ex-URSS. Grand bien m’a pris !

Petit retour en arrière…

Dans le cadre de mes études, j’ai dû effectuer un stage de fin d’année qui, ô joie, me faisait enfin sortir de Paris et partir toute seule à l’aventure. C’est donc comme ça qu’un froid matin de janvier, ma môman sanglotant dans le terminal ouest de Roissy (CDG pour les intimes, parce que t’as vu en France on est très fier du grand Charles), je me suis envolée à bord de ce qu’il me semble avoir été un Airbus A320 pour l’ancienne capitale de l’empire ottoman : Istanbul. Si le stage en lui-même se rapprochait plus du foutage de gueule en bande organisée, mon expérience en Turquie aura été bénéfique pour une chose (parmi tant d’autre) : j’ai appris à apprécier le tourisme non mainstream, c’est le sujet du jour.

Leçon 1 :  l’imprévu… c’est rigolo

Tout a commencé par la rencontre d’une bande de punks (les mecs si vous passez un jour par là) bossant pour Greenpeace m’ayant convaincue de partir camper avec eux dans les monts du Taurus, sud-presque ouest de la Turquie – vachement bonne idée pour un mois de février. L’expérience fut quelque peu mouvementée, entre météo TRÈS capricieuse, tente inondée, chaussettes trempées, chemin de grande randonnée perdu, bus qui arrive quatre heures en retard etc. etc. ETC… Mais malheureusement la Turquie ne dispose pas forcément d’infrastructures adaptées dans des régions plus reculées et faire demi-tour n’était donc pas envisageable. En conséquence, une personne normalement constituée aurait littéralement pété les plombs. Mais retrospectivement c’était presque bandant : la nature sauvage, le calme, la mer…

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Tbilissi, Géorgie

Dans le même registre, le bus qui bombarde en pleine tempête de neige en haut d’une montagne géorgienne (en Géorgie donc, le pays, pas l’Etat confédéré), tu commences à prier la Sainte Trinité (voire que sais-je) que ton chauffeur ait pas trop forcé sur la gnôle. Une expérience semblable s’est produite quelques temps plus tard, encore en Géorgie, dans la ville côtière de Batumi plus précisément. En résumé, tentative de visite de parc national, bus qui n’arrive pas, bus qui arrive mais laisse à environ huit kilomètres dudit parc, prise en stop par une bande de vieux, vodka ! mauvais équipement, froid, nuit, moustiques, et j’en passe. Cette aventure s’étant produite en juillet, en soit l’expérience n’a pas été si traumatisante mais ça fait toujours quelque chose de parcourir des routes cahoteuses dans un pickup datant de l’ère soviétique.

Conclusion : sortir des sentiers battus peut être à la fois une expérience enrichissante et détestable (soyons réaliste, ça a été la misère du début à la fin), mais au final, un peu d’imprévu, ça change du car de touristes !

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Olympos, Lycian Way, Turkey

Leçon 2 : Apprendre l’Histoire par ceux qui l’ont vécu

Alors ça c’est quelque chose qui m’a vraiment marqué : ceux qui me connaissent savent que j’ai fait une maîtrise d’Histoire et ai rédigé une thèse sur les guerres de Yougoslavie (1992-1995 et 1998-1999 pour mémoire). Ayant quelques connaissances dans les Balkans, j’ai pris un  peu au hasard un avion pour Sarajevo, puis quelques jours plus tard un bus pour retrouver mes amis dans la ville de Banja Luka, nord du pays. Pour ceux qui l’ignorent, les Accords de Dayton signés en 1995 et qui ont mis fin au conflit ethnique déchirant le pays, ont séparé la Bosnie en deux entités distinctes et autonomes l’une de l’autre : une zone bosno-croate, la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine ; et une zone serbe la Republika Srpska. Le pays est donc divisé en deux zones ethniquement homogènes, ce qui tend à accentuer le communautarisme et présente un frein considérable pour le développement économique du pays. Je n’ai pas l’intention de me répandre en explications ici, donc pour les intéressés je recommande deux livres : Milosevic, la Diagonale du Fou, écrit par l’ancienne porte-parole du TPIY Florence Hartmann ; et Yugoslavia, Death of a Nation, de Laura Silber et Allan Little (le meilleur selon moi mais non traduit en français).

Deux choses sont à retenir de ce voyage : d’abord la Bosnie est un pays magnifique, très vert, très montagneux, avec des vallées superbes et des rivières dont le bleu n’a rien à envier aux plus belles plages de Thaïlande (et j’exagère à peine). Pour ça je recommande chaudement le parc national de Sutjeska, sud-est du pays, vers la frontière avec le Monténégro, ou bien pour les plus aventureux la vallée de la Tara, terre incontournable du rafting. Deuxièmement, je garde un souvenir assez ému des récits d’une guerre qui s’est achevée il n’y a pas si longtemps, et dont les stigmates sont encore visibles. Ce souvenir est d’autant plus fort qu’on m’a raconté ces histoires fort sympathiques autour d’un verre (me souvient c’était en terrasse même), de façon très casual si j’ose m’exprimer ainsi et sans jamais tomber dans le pathos, le rejet de la culpabilité ou le sectarisme.

J’ai hyper  bien bouffé aussi.

Leçon 3 : Pas besoin d’aller loin pour être dépayser

Là les photos parlent d’elles-mêmes : Belgrade est à deux heures d’avion de Paris, Podgorica pas plus loin, pour la Turquie, compter quatre heures de vol.

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Baie de Kotor, Montenegro

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Lac Skadar, Montenegro

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Parc National de Sutjeska, Bosnie-Herzégovine

Leçon 4 : Méchants, pas beaux clichés

Quand je suis allée en Serbie pour la première fois, un copain m’a fait la remarque suivante qui m’a toujours laissée dans un état de profonde perplexité : « en Serbie ?Tes sûre que c’est pas un peu dangereux ? ».

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Belgrade, Serbie

Alors oui, les Balkans ont connus la guerre, oui la Géorgie aussi (août 2008, totalement éclipsée par l’ouverture des J.O. de Pékin), oui la Bulgarie n’est pas l’endroit le plus glamour sur Terre… Mais ces lieux sont chargés d’Histoire et méritent un plus grand intérêt que celui qui leur est porté actuellement. Je pense notamment aux superbes temples orthodoxes de Sofia, aux façades colorées de Belgrade, empreintes de l’influence Habsbourgeoise, au magnifiquement restauré quartier turc de Sarajevo regorgeant d’étals de bijoux ou tapisserie ou encore aux ruines gréco-romaines de l’antique Ligue Lycienne bordant la face méditerranéenne de la Turquie. D’une façon générale je ne raffole pas des envolées lyriques de ce genre mais ces lieux méritent bien plus que la réputation qui les précède et je me dois de tenter de réparer cette erreur historique.

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Mostar, Bosnie-Herzégovine (plus de trois cent ans le bordel !)

Si il y a bien quelque chose que j’ai appris au court de ma courte vie, c’est que les clichés ont la dent dure, mais s’y arrêter ne sert qu’à les alimenter. Ces pays respirent l’envie d’évoluer, j’ai rencontré des gens, certes issus d’une culture différente mais aspirant aux mêmes choses que n’importe lequel des étudiants que j’ai croisé à la fac (à Paris, je précise), et je suis maintenant fière d’appeler certains d’entre eux mes amis. En conclusion, tout l’intérêt de ces expériences repose sur les capacités à trouver de la beauté dans ce qu’on désigne communément comme des trous (pardonnez-moi l’expression), à savoir apprécier le peu qu’ils ont à offrir : l’ouverture, la générosité, la curiosité, l’humanité en soi.

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Smile en Bulgarie

Après j’ai pas grand-chose à dire niveau logistique et trucs bateaux. En gros ça a toujours fait « avion…sac à dos…bus…routard…inch’allah »